Le négationnisme de Marine le Pen et la responsabilité de la France

Par Amb. Freddy Eytan le 28 avril 2017

Jerusalem - Le président Rivlin a eu raison de condamner le négationnisme de Marine le Pen au moment même où les Français s’apprêtent à voter au deuxième tour de la présidentielle. C’était son devoir d’alerter et de remettre les pendules de l’Histoire à l’heure de la vérité.     

Certes, rares sont les déclarations prononcées par un dirigeant officiel israélien contre un candidat à une élection dans un pays étranger, mais comment ne pas sursauter et se révolter contre les tentations de blanchir le gouvernement de Vichy dirigé par Pétain.

Ce maréchal, vainqueur de Verdun, l’homme providentiel de l’époque, et ses collaborateurs,ont agi volontairement et ont offert aux Allemands une aide importante, la plus considérable et la plus précieuse de tous les pays de l’Europe occupée. Pétain n’avait-il pas violé les principes de liberté et de justice sur lesquels la République française est fondée ? N’avait-il pas signé des décrets antijuifs ? L’administration et la police françaises n’ont pas facilité la tâche de la Gestapo ? La collaboration n’a pas été approuvée et justifiée par ce régime français ? Des journaux, des milliers d’affiches et des tracts antisémites n’ont-ils pas été diffusées en France ? Avons-nous oublié le camp des Milles ou celui de Drancy ? La grande rafle de Paris avec la participation de 9000 policiers avec un fichier détaillé de 27388 noms, hommes femmes et enfants, tous Juifs. Comment oublier ? Gommer un passé aussi sombre ? Pardonner une lâcheté indigne, criante ? 

Hier l’antisémitisme se déchaînait par des actes ignobles, bestiaux et des pogroms, aujourd’hui l’antisionisme fait partie des partis politiques et propose un canevas qui encourage le terrorisme international contre les Juifs de la diaspora et d’Israel. 

Aujourd’hui encore, on assiste à une banalisation de la Shoah. Le fléau de l’antisémitisme existe toujours en Europe et même en Amérique. Il véhicule sous différentes formes et notamment s’est transformé en antisionisme virulent avec des mouvements tels que BDS, et des militants négationnistes de l’extrême gauche comme de l’extrême droite, inspirés par Paul Rassinier, Maurice Bardèche, Robert Faurisson, et Roger Garaudy (converti à l’Islam). 

Certains groupes, ONG, et Etats comme l’Iran,démentent publiquement la Shoah dans des articles, caricatures et des tribunes. 

Comment oublier les propos du fondateur du Front National, Jean Marie Le Pen, qualifiantles chambres à gaz de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ? Comment sa fille, Marine, qui prétend tourner la page et rassembler le peuple de France peut-elle affirmer que Vichy n’était pas responsable ? Comme ose- t-elle dans ses discours citer le général De Gaulle, quand il fut condamné à mort par contumace juste après le fameux appel du 18 juin ?

C’est impensable de la bouche d’une femme politique française qui a la prétention de devenir président de tous les Français.

Nous devrions rendre hommage à Jacques Chirac qui a été le premier à maintenir le Front National à l’écart, et à reconnaître pour la première fois la responsabilité de l’Etat français durant la période de Vichy en introduisant l’étude de la Shoah dans les manuels scolaires. Soulignons que De Gaulle, Pompidou, Giscard et Mitterrand n’ont pas eu le courage de le faire avant.   

Certes, nous n’avons pas le droit ni la prétention d’intervenir dans les affaires intérieures de la France ni d’ailleurs d’aucun pays. Bien qu’un ancien ambassadeur israélien a osé franchir la ligne rouge, avant le premier tour, en appelant dans Haaretz à voter pour Emanuel Macron.Nous respectons le choix de millions de français de voter pour Marie le Pen. Nous ne pouvons plus ignorer un mouvement qui fait partie officiellement de l’échiquier politique français. 

Cependant, nous devrions agir comme l’a fait le président Rivlin exceptionnellement. Il s’agit d’un sujet douloureux et universel qui concerne non seulement le peuple juif mais l’Humanité entière. 

Enfin, au moment où les Français s’apprêtent à élire un nouveau président de la République, ils devraient se souvenir et méditer sur leur propre passé pour pouvoir obtenir un avenir meilleur.


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