Pour une limite raisonnable au vertu

Par Beryl Wajsman le 9 septembre 2010

« C’est la fonction du vice de confiner la vertu de liens raisonnables. »

~ Samuel Butler

Depuis l'époque de la Prohibition des années 1920, l'histoire récente nous démontre que les tentatives de l'État de s'employer à l'ingénierie sociale sont vouées à l'échec. L'homme aura toujours ce qu'il veut; et ce faisant, affermira le soi-disant élément criminel parmi nous.

Des lois relatives aux drogues sont des lois qui n'ont pas lieu d'exister. Depuis Trudeau, les gouvernements se succédant ont tenté, et ont échoué face à une opposition virulente d'une droite rétrograde, de les radier des livres. Jusqu'à présent, les lois régissant les armes à feu auront coûté plus d'un milliard de dollars, sans commission d'enquête, et sont futiles puisque les criminels ne déclarent pas leurs armes. Faut-il une ruade pour que nos législateurs comprennent une réalité pourtant bien simple?

Ceux qui diront que le coup porté à la santé par la consommation de tabac, d’alcool et de drogues représente un fardeau au système des soins de la santé, ne savent certainement pas que les citoyens qui s'adonnent à ces plaisirs hédonistes défraient des taxes de consommation faramineuses - huit fois supérieures à celles payées par le Canadien moyen - la plupart desquelles assurent la subsistance dudit système des soins de la santé. Les bons vivants ont aussi tendance à casser leurs pipes plus jeunes et représentent donc un moindre fardeau au système des soins chroniques. Le choix est leur. Et comme l'a souligné Irwin Cotler, ministre de la Justice, lors de l'étude de la légalisation du suicide secondé, le choix est la substantifique moelle d'une société libre.

Lorsque Trudeau a dit que le gouvernement n'avait pas sa place dans le lit des gens, il sous-tendait qu'il n'avait pas de place à réglementer les faits et gestes d’adultes consentants. Rien de cette vie ne sera parfait. Les législations ne pourront pas résoudre tous les problèmes. Aucun politicien ne devrait prétendre le contraire et s'octroyer le droit de mettre en vigueur des lois guindées visant à microgérer chaque aspect de nos vies. Ils devraient être démasqués : des fonctionnaires aussi lâches qu'improductifs, titubant d'une élection à l'autre, redoutant s'attaquer aux intérêts acquis des enjeux réellement importants, nécessaires pour protéger le bien public. En fondant un groupe de travail, ils croient générer juste assez de fourrage pour nourrir la machine à propagande électorale le temps venu. Comme l'a dit si bien Tacite : « Jamais les lois ne furent plus multipliées que quand l'État fut le plus corrompu. »

L'élite politique du Canada se veut réellement les prohibitionnistes d'aujourd'hui. Pour paraphraser l'écrivaine Anne Hingston, on « restreint sans jamais discuter. »

Les prohibitionnistes contemporains partagent un sentiment anti-libéral en cherchant à limiter les libertés fondamentales de la loi naturelle qui est le patrimoine de chaque Être. Ils ont la partie belle car les Canadiens se sont résignés à la souveraineté de l’auto abnégation. Les Canadiens sont un peuple intimidé par leur propre remise en question, dictée par la jalousie de la croyance en soi des autres. Ils ont par effet même créé une tyrannie autogène qui étouffe l’intégrité et la conscience individuelles et troqué ces valeurs pour la fausse sûreté exigée par un consensus bureaucratique sous l’égide de l’état.

Le rôle du gouvernement se doit d’être persuasif et éducatif, et non compulsif ni coercitif, que les habitudes personnelles des citoyens soient odieuses ou non. Nos gouverneurs se livrent à des interventions incontrôlées dans le domaine du privé pour infliger aux gouvernés un comportement vertueux. Mais les législateurs ne savent pas ce qui est bon pour nous. Ils savent à peine ce qui est bon pour eux. Le rôle de l’État est de nous protéger l’un de l’autre, non pas de nous-mêmes.

 

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