Démocratie arabe et l’Islam politique

Par Amb. Freddy Eytan le 6 juillet 2013

Jerusalem, Israel - L’Egypte plonge vers l’inconnu et l’incertitude s’aggrave dans la tourmente. Nous ne pouvons apporter ni contribution ni intervenir, et laissons donc les Egyptiens decider eux memes de leur propre avenir.

Certes, nous suivons les evenements en cours avec inquietude et nous avons l’impression que dans ce theatre de l’absurde nous assistons a une repetition de la chute de Moubarak. Il est incontestable que l’armee joue un role crucial et unique dans un monde arabe en ebullition. Contrairement a la Syrie les militaires en Egypte sont avec le peuple. Ils sont avant tout des patriotes sachant parfaitement maitriser la situation mais aussi savent diviser pour regner. 

Le brusque  depart du president Morsi,  elu pourtant  legitiment par un certain processus democratique,  surprend et etonne les observateurs. Son depart de la scene fut imprevisible il y a encore quelques jours, et prouve que le Proche-Orient est instable et peut changer rapidement de mains et de visages au grand dam des services de renseignements. Ils ne peuvent jamais suivre la cascade des evenements politiques et religieux et le comportement des societes arabes dechirees entre la veille garde et les jeunes qui utilisent habilement les avantages magiques de l’Internet. 

Morsi.jpgAu sein de l’administration Obama, au  Quai d’Orsay, et  au Foreign Office on avait cru que Morsi etait le maitre absolu de l’Egypte, le nouveau pharaon… Il existait selon les diplomates occidentaux un « islamisme soft » car les Freres musulmans representent des « intellectuels pragmatiques » capables de gerer un pays democratiquement. Eh bien, suite au retombes du « Printemps arabe » declenchee en Tunisie, l’Occident se trompe toujours et ignore que nous vivons dans un Moyen-Orient imprevisible, ou les integristes islamiques sabotent systematiquement toute tentative de reconciliation avec le monde moderne et la civilisation judeo-chretienne, et ils sont incapables de gerer un Etat avec des valeurs democratiques. 

Tel qu’avec les ayatollahs en Iran, la meconnaissance de la confrerie islamiste demeure totale et parfois grotesque, et elle se traduit par la confiance et la credibilite que donnent les medias et les chancelleries a Tarik Ramadan, petit-fils du fondateur de ce mouvement integriste. On retrouve egalement cette naivete flagrante dans les salamalecs a l’egard du Qatar qui diffuse  une propagande sans scrupule, un soit- disant islamisme « light » par le biais de la chaine al Jazzera.  

Bien entendu, nous n’allons pas verser des larmes pour le depart de Morsi, mais il faut toutefois reconnaitre que ce dernier n’a pas abroge le Traite de paix avec Israel, et a bien reussi l’epreuve durant l’operation « Pilier de defense » declenchee par Tsahal en novembre dernier. Il a su maitriser le Hamas et a pris des mesures adequates contre des groupes terroristes dans le Sinai. Cette politique devrait etre suivie par ses successeurs car le jihad mondial et  le Hamas n’ont jamais abandonne leur croisade, leur cruel combat au nom d’un Dieu mechant et rancunier. L’instabilite en Egypte et l’afflux des armes depuis le Soudan en passant par la Libye risquent de relancer le terrorisme aveugle et aggraver la lutte entre integristes  et laics de tout bord. 

Nous devrions surtout poursuivre nos contacts directs avec l’etat-major egyptien et leur service de renseignement pour eviter a tout prix l’escalade et un nouveau conflit frontalier. 

Depuis 1979, nous avons respecte a la lettre  les accords signes avec le Caire, et nous souhaitons vivement et dans notre propre interet que le peuple egyptien sort enfin de la crise, retrouve la stabilite politique,  economique et touristique. 

Enfin une reflexion a mediter: voila deja 34 ans que nous avons signes avec Anouar el Sadate un solide traite de paix, mais les Egyptiens par ignorance ont malheureusement choisi une paix froide, haineuse, et contreproductive. Certes, et fort heureusement, ils ont refuse la guerre, mais  imaginons leur situation actuelle si les relations avec Israel etaient positives et constructives ? Le pays des pharaons plonge aujourd’hui dans la misere et le desespoir  n’aura pas ete uni et prospere ? Un veritable grand pays arabe exemplaire ? Quel gachis…!


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