L’union européenne brouille les cartes et s’embrouille avec Israël

Par Amb. Freddy Eytan le 30 juillet 2013

A chaque fois que le processus de paix avec les Palestiniens pietine ou se trouve  dans une impasse, nous entendons a Bruxelles le meme son de cloche. Comme de coutume, la commission europeenne prefere entendre un seul son, et dans ce cas, il est bien difficile, voire quasiment impossible de juger equitablement toutes les parties dans ce conflit. Depuis plusieurs decennies nous nous sommes  habitues au  jugement partial, aux lecons de morale et a des avertissements, mais cette fois-ci, le double jeu est si transparent qu’il l’emporte sur la realite quotidienne. Avec maladresse, l’Union europeenne a brule les etapes du processus de paix, a brouille les cartes et a inflige un camouflet injustifie a Israel et aux Americains.    

Le comportement actuel des fonctionnaires europeens est probablement lie et justifie par la crise economique profonde dont l’Europe est plongee. Nous pouvons regretter l’endettement de certains pays et nous partageons leur angoisse face a la faillite eventuelle. La presence massive de la force ouvriere etrangere complique bien-sur la situation sociale et aggrave le chomage. 

Nous comprenons la detresse et souhaitons aux Europeens une sortie rapide de la crise. Nous pouvons etre aussi comprehensibles au renforcement des liens avec les pays arabes et particulierement avec ceux du Golfe et notamment avec le Qatar. Cela dit, quel rapport direct y-a-t-il avec le boycottage des residents juifs installes a Jerusalem, dans les quartiers de Guilo ou Ramot, sur le Golan, en Judee ou en Samarie ? Toute la Cisjordanie represente moins de 6000 kms, c'est-a-dire la moitie de l’Ile de France, et les habitants juifs ne representent  que 3 pour cent de la population locale.  Pourquoi cette distinction premeditee et voulue dans un contexte si sensible et explosive, ne sont-ils pas des citoyens israeliens a part entiere ?  Pourquoi cette soudaine segregation inadmissible? Une sorte de nouvel Apartheid europeen ? Certes l’aide europeenne  est importante mais elle est principalement destinee aux Palestiniens qui sont d’ailleurs lies economiquement avec les residents et les villages juifs. Les entreprises israeliennes qui vont etre boycottees fournissent du travail quotidien aux Palestiniens, et par cette directive l’UE prive en fait leur seul gagne pain. Et puis, imaginons un retrait unilateral du Golan bien avant le declenchement de la revolte contre le regime de Bachar el Assad… N’est-t-il pas plus urgent pour l’Union europeenne de s’occuper serieusement et tout d’abord des massacres quotidiens en Syrie ou du combat contre le Jihad mondial dans le Sinai, ou dans la partie syrienne du plateau du  Golan, et ailleurs ! N’est-il pas de son devoir d’interdire a des societes europeennes a fournir clandestinement du materiel aux Iraniens violant ainsi les sanctions imposees! Il existe sans doute de nombreuses missions plus urgentes a regler que de s’acharner a une directive inopportune, discriminatoire et contreproductive.      

Certes, le processus de paix avec les Palestiniens se trouve dans une impasse mais a qui la faute ? Seulement a Israel ? Les Americains tentent aujourd’hui leur derniere chance pour amener les deux parties a la table des negociations. John Kerry est pour la sixieme fois dans la region pour supplier Mahmoud Abbas de reprendre les pourparlers. Netanyahou a deja donne son feu vert mais Abbas s’obstine toujours. Au lieu d’encourager et d’attendre patiemment des resultats tangibles l’Union europeenne s’empresse et brule les feux rouges. Frustree peut-etre par son passee coloniale, elle cherche par des moyens mercantiles ou par le boycottage a imposer a Israel 

une solution rapide et fixer d’ores et deja un retour aux lignes d’armistice indefendables de 1949 ? Pourquoi n’est-elle pas aussi exigeante envers l’Autorite palestinienne ou a l’egard du Hamas qui est pourtant maitre absolu dans la bande de Gaza mais refuse toujours de reconnaitre notre propre existence? Soulignons que la Cisjordanie est un territoire qui n’a jamais ete juridiquement reconnu comme « occupe » et son statut demeure « territoire dispute »! 

Bien entendu, un partage juste et equitable est necessaire, et il n’y pas d’alternative au compromis, mais comment revenir aux lignes d’avant 1967 avant d’entamer une negociation tres serieuse sur des questions securitaires, voire existentielles. Nous rejetons tout diktat et boycottage de la part de pays pretendant ?uvrer pour la paix, l’’egalite, l’equite, et la morale universelles. 

Il est aussi regrettable de constater que certains observateurs, journalistes, ONG, et hommes politiques israeliens principalement de l’extreme gauche encouragent l’Union europeenne de poursuivre sa politique de sanctions et ont meme ose feliciter les dernieres mesures prises par la commission europeenne.  Leurs « solidarite et fraternite » envers leurs compatriotes depassent souvent l’entendement et l’absurdite… Ils ignorent le nefaste impact et renforcent l’isolement de l’Etat juif dans l’arene internationale.      

Enfin, soyons pragmatiques, rappelons que tout boycottage est abject et il est toujours a double sens. Si l’Europe souhaite obtenir un role d’influence sur le processus de paix elle doit jouer l’arbitre et ne pas prendre a l’avance la partie du camp adverse et imposer des sanctions discriminatoires et injustifiees. L’’Europe est notre premier partenaire commerciale et nous souhaitons vivement poursuivre un dialogue franc et sincere dans l’interet commun et pour le meme objectif


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