Le but du boycott est de délégitimer Israël et haïr le Juif

Par Amb. Freddy Eytan le 12 juin 2015

Jérusalem - Israël s’alarme à juste titre contre le boycott car il prend une ampleur sans précédent et constitue une menace réelle sur l’avenir de nos relations économiques, académiques, culturelles, sportives, et politiques. Il ne s’agit pas seulement d’une opération mondiale bien organisée et structurée qui a pour but d’exercer des pressions pour qu’Israël se retire des Territoires mais d’une campagne bien huilée et mensongère à des dimensions internationales discriminatoires et dangereuses. 

Il est légitime de critiquer la politique d’un gouvernement mais comment lutter contre l’antisémitisme quand l’incitation à la haine à l’égard d’Israël et des Juifs prend des proportions incalculables dans le cadre de la globalisation et de l’Internet.  

Certes, le boycott arabe contre l’Etat juif n’est pas nouveau ; il a été mis en œuvre depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, mais il a été organisé par la Ligue arabe en raison surtout du conflit territorial. Depuis 2005, il a pris une tournure sans précédent avec la campagne BDS – Boycott, désinvestissement et sanctions.  

bds_01.JPGCependant, en dépit d’énormes investissements et des efforts déployés, le BDS n’a pas vraiment réussi à imposer de sanctions économiques et commerciales, car les gouvernements se sont opposés farouchement. La question est de savoir si l’ampleur du BDS et les fortes pressions exercées ne vont pas inciter les leaders de la communauté internationale à changer leur ferme opposition au détriment d’Israël ? Et puis, comment expliquer que tous braquent leur projecteur sur l’Etat Juif, tandis que les massacres se poursuivent dans l’indifférence totale chez nos voisins, sans qu’il n’ait des condamnations et des actions énergiques pour stopper le carnage en Syrie et en Irak ? Un véritable théâtre de l’absurde !

Actuellement, le principal succès du BDS se focalise surtout sur le domaine culturel et universitaire. Ainsi, nous assistons fréquemment à des annulations de visites d’artistes, de spectacles, et de participations à des réunions et forums.

Cette campagne de dénigrement, animée avec férocité sur les réseaux sociaux, s’accompagne systématiquement de menaces envers toute personnalité ayant l’intention de venir en Israël, visite qualifiée souvent de crime de lèse-majesté.

Ces derniers jours, le boycott a pris une mauvaise tournure et risque de faire boule de neige suite aux propos étonnants du PDG d’Orange, Stéphane Richard, au Caire, et la résiliation par la suite du contrat avec la société  israélienne Partner, trois mois seulement après la signature. Comment ne pas être stupéfait par les explications acrobatiques d’une sérieuse entreprise française qui vient de prolonger son contrat ? Pourquoi l’Etat français qui détient plus de 25% des actions aitréfléchi longtemps avant que Laurent Fabius dénonce fermement le boycott contre l’Etat Juif sans pour autant le distinguer de « la colonisation », et faire remarquer que ce geste grotesque de la part d’un partenaire commercial a été fait contre un pays ami et allié ? N’a-t-il pas contradiction quand des entreprises françaises y compris Orange parlent des prouesses de l’économie et de la technologie de pointe de l’Etat d’Israël et en même temps cède au boycottage sous les pressions arabes?Fort heureusement, le PDG d’Orange a compris 48 heures plus tard qu’il avait commis une grave erreur et que ses propos « ont été mal interprétés », et qu’il demeure vraiment un sincère ami d’Israël…Certes, mais les dégâts sont là, car lemal a été déjà fait...l’intention n’excuse pas la faute…ni la bêtise !

Comment la France peut-elle relancer le processus de paix et une résolution au Conseil de Sécurité si par avance son action est partiale et non transparente ?     

Et puis, tous ceux qui pensent ici que la politique française à l’égard des Palestiniens aurait changé si le processus de paix était en cours, et qu’un gouvernement de Gauche aurait mis un terme au boycottage trompent l’opinion israélienne et internationale. Le boycott arabe dépasse tous les clivages entre Droite et Gauche. Il est destiné contre tous les Israéliens et tous les Juifs et peu importe leur opinion ou appartenance politique, et donc notre combat doit être mené à l’unisson. L’initiative prise par des milliardaires juifs américains pour combattre le BDS chez eux devrait être suivie également en Europe et particulièrement en Angleterre et en France.  

Nous avons cru aussi que l’époque de Giscard et de Barre a bien évolué. Qu’il n’existe plus une liste de 250 entreprises et sociétés françaises victimes du boycottage arabe, et que durant cette triste période, s’il fallait croire certaines brochures, Air France ne desservait pas Tel-Aviv…Soulignons aussi que durant les années 1950 et malgré les très bonnes relations que nous avons entretenu avec la France socialiste, la société Renault qui devait construire ici une usine pour monter sur place des Dauphine et des véhicules pour Tsahal a annulé un contrat préférant l’offre de l’Egypte de Nasser ; le même scénario s’est reproduit avec Orange puisque cette société a aussi cédé pour favoriser le marché égyptien qui nul doute est dix fois plus important que le notre avec ses 33 millions de clients. Donc, nous constatons que la France a souvent cédé au chantage économique, sans oublier qu’elle a même imposé et à deux reprises un embargo sur les armes, au moment où nous avons vu la mort en face !  

Certes, « business is business », il faut respecter la stratégie indépendante des entreprises. Sur ce plan, et dans le cadre des effets de la globalisation, des considérations financières simples prévalent souvent sur les intérêts politiques.

Nous pouvons aussi faire de bonnes affaires sans céder au chantage et au boycottage, car il a une limite à tout, surtout quand la campagne de BDS est un acte politique sauvage et prémédité.     

Le BDS est en train de gagner du terrain mais si certaines chancelleries pensent naïvement que des dictats, des pressions, et des boycottages feront avancer de cette manière le processus de paix, eh bien, ils se trompent complètement! Cette campagne mensongère est indigne ! Elle est orchestrée par les Palestiniens contre un pays démocratique par excellence comme l’est l’Etat juif. C’est sans doute contreproductive et à double tranchant ! Pour relancer le processus de paix il faudrait rétablir la confiance mutuelle et que les Palestiniens acceptent de dialoguer sincèrement avec des représentants israéliens élus démocratiquement.

Nous constatons au fil de nos contacts que la plupart des personnes concernées par le boycottage sont complètement ignorantes des questions fondamentales qui animent le conflit avec les Palestiniens. Elles ne savent pas grand-chose des réalités israéliennes et sont incapables de mener un véritable débat de fond.

Dans ce triste contexte, la diplomatie israélienne devra être secouée par des initiatives originales, et mener une nouvelle stratégie, plus musclée et plus sophistiquée. Nous devons penser « out of the box » pour contrer efficacement la désinformation et le boycottage et sur ce point les communautés juives à travers le monde devraient être consultées et mener avec nous ce combat inlassable en coordination complète. Concentrer aussi nos efforts sur le contact direct et permanent avec les entreprises et sociétés ainsi qu’avec les universités et artistes. Nous sommes conscients du travail de longue haleine qui reste à faire pourconvaincre nos interlocuteurs de notre juste cause. L’hypocrisie, les préjudices, et l’ignorance souvent l’emportent, mais c’est ainsi que va le monde d’hier et d’aujourd’hui.

Soulignons sans cesse avec des faits historiques, des chiffres, et des preuves irréfutables sur le terrain, que la propagande mensongère et l’incitation à la haine sont des combats lâches et méprisables. Ils éloignent toute chance de paix dans cette région du monde, celle du chaos commis par les « fous d’Allah ».


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