Ô Jérusalem !

Par Amb. Fred Eytan le 12 juin 2008

JÉRUSALEM - Au moment où nous célébrons la réunification de Jérusalem, des questions se posent dans le monde arabe et dans les capitales occidentales sur l'avenir de la capitale légitime de l'État d'Israël et du peuple juif. C'est l'enjeu même du conflit et la pierre d'achoppement décisive des négociations de paix. Nous devons donc être préparés dès à présent pour la bataille diplomatique et nous montrer à la fois réalistes et pragmatiques, tout en se dotant de nerfs d'acier.

Ainsi est-il utile de se justifier chaque fois sur notre attachement à Jérusalem et sur le fait qu'elle est la seule capitale des Juifs. Inutile aussi de battre sans cesse le rappel de la Bible et du célèbre chant des exilés de Babylone (Psaume 137) ; d'expliquer toujours que, depuis 3000 ans, nos ancêtres ont vu partir de la ville Assyriens, Babyloniens, Romains, Croisés, Turcs, Britanniques et Jordaniens… Que chaque jour, nous nous prosternons devant le mur des Lamentations, et que nous prions trois fois quotidiennement pour la rédemption et la reconstruction du Temple. Que les Musulmans ont déjà la Mecque et que jamais une ville sainte n'a été choisie par eux comme capitale. Que les Chrétiens ont déjà Rome et Constantinople…

Tous ces arguments traduisent la réalité. Mais malheureusement, depuis 1967 jusqu’à ce jour, de puissants pays tel les États-Unis, la France, la Russie, le Canada ou la Grande Bretagne protestent jour contre l’exercice de notre souveraineté sur la ville sainte. Depuis la création de l'État d'Israël en 1948, ces pays s'abstiennent d'ouvrir une ambassade à Jérusalem. Pourquoi donc dans le contexte actuel ni le président Bush et ni le président Sarkozy n'ont-ils pas effectué le geste d’effacer ce honteux Corpus separatum en déplaçant leurs ambassades à Jérusalem ? Qui donc accueille les chefs d'État à Jérusalem, sinon leurs ambassadeurs tous venus de Tel-Aviv ? Les lettres de créances ne sont-elles pas toujours remises à Jérusalem au président de l'État d'Israël ? Quelle tragicomédie et quel double-jeu de la part de ces chancelleries amies ? Jusqu'à quand va-t-on jouer cette politique de l'autruche ?

La paix avec l'Égypte et la Jordanie, les pourparlers en cours avec les Palestiniens et les relations diplomatiques avec le Saint-Siège auraient dû amplement suffire pour que les pays occidentaux, ces « amis fidèles » d'Israël, s'installent officiellement dans la capitale israélienne. Combien de concessions faudra t-il encore faire pour y arriver ? 

Les chancelleries occidentales et l'Autorité palestinienne doivent se faire une raison : de même que Berlin-Ouest n'était pas la capitale de la République fédérale allemande, il n'y aura pas deux capitales qui porteront le nom de Jérusalem.

Il existe une soixantaine de solutions envisageables sur la question de Jérusalem. En dépit des enjeux sécuritaires, nous pouvons nous réjouir d'un constat éloquent et positif de la politique israélienne : depuis 1967, les Palestiniens vivant dans la vieille ville circulent en toute liberté et ont choisi de bon gré la citoyenneté israélienne ; ils reçoivent comme tous les Israéliens des allocations familiales et ils bénéficient des soins médicaux les plus sophistiqués. Ils sont présents avec leurs enfants dans les quartiers modernes de Jérusalem-Ouest, dans les jardins publics et les espaces de jeux ainsi que dans les centres commerciaux. C'est un début de tolérance exemplaire, voire de tolérance unique dans un environnement hostile. Enfin, les lieux saints demeurent ouverts et libres à toutes les religions et à toutes les communautés.

Face aux appels au Jihad, aux menaces de l'Iran et aux extrémistes de tous bords, il nous faut donc demeurer vigilants et pragmatiques sur l'avenir de Jérusalem, sinon la poudrière religieuse explosera et nous risquerons alors de nous lamenter sur la destruction du Troisième temple, Ô Jérusalem! 

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