Le discours du PQ : mensonges et idées dépassées (DATE DE PARUTION 27 NOVEMBRE 2008)

Par Jean-François Rancourt le 18 juin 2009

L’idéologie du Parti Québécois est basée sur une série de mensonges et d’idées dépassées.  Si ce parti a déjà été jeune et dynamique, voire utile au Québec, ce n’est plus le cas depuis longtemps.  Par des manœuvres habiles et en martelant sans cesse la même rhétorique, le PQ a réussi à faire croire à plusieurs qu’il serait le seul parti à pouvoir défendre les intérêts des Québécois, comme s’il détenait l’exclusivité des valeurs québécoises, et comme si, par surcroît, il détenait le monopole de la définition de notre identité collective. Mais ce parti menace aujourd’hui les intérêts généraux des Québécois.  Sa conception de l’identité et de la citoyenneté, de même que son absence de lucidité, risquent en effet de retarder le développement économique, social et culturel du Québec de demain.

Tout d’abord, il est significatif que Pauline Marois ait commencé à parler du « Nous » durant le débat entourant la commission Bouchard-Taylor.  En fait, c’est à cette occasion qu’on a pu voir le vrai visage des péquistes, dont la conception identitaire se base sur des critères  géographiques et religieux.  Cette conception, bien classique, est plutôt dépassée.  De nos jours, bon nombre de Québécois, dont beaucoup de jeunes, se définissent plutôt par leurs valeurs et leur mode vie personnels.  « L’identité » ne s’arrête plus à la rivière des Outaouais et ne concerne plus la religion.  Elle est devenue quelque chose de transcendant et elle est parfois variable ou compartimentée.  Le discours identitaire malsain du PQ limite la mobilité de la main d’œuvre et vise à ce que le Québec se replie constamment sur lui même plutôt que de s’épanouir.  Sans compter qu’il provoque chez certains indépendantistes une véritable paranoïa à l’égard du reste du Canada.  

C’est ainsi qu’a été créé un mode de pensée régi par une seule logique, dans laquelle le « Nous » s’oppose aux « Autres ».  Ainsi, c’est « Les Québécois » contre «  Le ROC », ou encore « Les Vrais Québécois » (c’est-à-dire : « Les indépendantistes ») contre les « Fédéralistes », ceux-ci étant soupçonnés de « trahison » ou d’être de « vils vendus ».  Ce mépris des indépendantistes envers ceux qui pensent différemment qu’eux est souvent tel que, par ce genre d’intimidation verbale, ils briment sans gêne la liberté de parole de ceux ne partageant pas leur idéologie.

Ensuite, il y a chez les péquistes une absence chronique de lucidité.  En fait, bien des mentors du parti sont « lucides », mais ils ne l’avoueront pas.   C’est qu’ils préfèrent s’accaparer le pouvoir sur des bases fallacieuses.  Deux principaux éléments ressortent de leur attitude : la sauvegarde de la langue française et la place du Québec dans le monde.  

À propos de la langue, il reste à démontrer qu’un Québec indépendant serait plus en mesure de défendre la langue française.  En fait, il y a fort à parier que cela rendrait celle-ci plus vulnérable.  Il existe (Oh surprise !) des francophones dans les autres provinces canadiennes.  Sans le poids démographique, politique et culturel du Québec, ces communautés se verraient gravement menacées de perdre leur langue, et cela non pas par des ordres venant d’anglophones malfaisants, mais plutôt par dépit.  En effet, la préservation de l’usage du français en contexte minoritaire constitue une tâche qui s’avère beaucoup plus ardue qu’au Québec.  Malgré les prétentions des indépendantistes, le français n’est pas en péril au Québec, qui possède déjà des outils puissants pour contrôler et stopper l’anglicisation.  Le problème ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur : il se situe essentiellement dans les écoles primaires et secondaires, lesquelles sont entièrement contrôlées par Québec, mais où on n’enseigne plus le français de façon rigoureuse.

En ce qui a trait à l’idée d’avoir « voix au chapitre », la situation est devenue presque comique.  S’il fallait qu’on accepte les prétentions de Pierre Curzi ou de Pauline Marois, on pourrait croire qu’un Québec indépendant aurait pu empêcher l’invasion de l’Iraq, éliminé la famine en Afrique et réglé le conflit Israélo-Palestinien.  La réalité est tout autre.  La Belgique peut bien émettre des mandats internationaux contre qui elle voudra… le monde n’en a que faire.  La communauté internationale accorde peu d’importance aux positions politiques des États de second plan.  Il est incontestable de le Québec a plus de poids sur la scène internationale grâce a son influence à l’intérieur du gouvernement canadien.  Un Québec indépendant attirerait certes quelques sympathies et ses ressources seraient convoitées, mais son influence politique serait à peu près nulle.  La marge de manœuvre dont disposerait le Québec face au géant américain n’en serait pas élargie, et elle pourrait même être réduite.  Aussi, malgré ce que les ténors indépendantistes tentent de nous faire croire, il n’est pas envisageable de se tourner tout azimut vers l’Europe, ni d’exporter de l’électricité en Chine.

Il est donc plausible que l’establishment péquiste mente, afin de convaincre les Québécois du bien fondé de sa position.  Un mensonge par ci, un mensonge par là : au fil du temps, on finit par y croire.  On finit par croire que « Nous » sommes seuls au monde, et que nous sommes les éternelles victimes du « Rest of Canada ».  On finit presque par croire que le Cirque du Soleil établira un gouvernement mondial pacifique et bienveillant.  

Cependant, personne ne croira qu’une Pauline Marois, après plus de 27 ans en politique et frôlant la soixantaine, représenterait un quelconque  changement.

 

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