GÉRIN-LAJOIE: RÉFORMER ET RENOUVELER

Par Alan Hustak le 10 juin 2010

Une collection amusante d’une centaine d’hiboux ornementaux remplit un cabinet dans l’appartement spacieux de Paul Gérin-Lajoie - une centaine d’hiboux en cristal, porcelaine, verre, bronze et argent. Les hiboux, dans toutes les formes et tailles, sont des cadeaux qu’il a reçus au cours des années des amis qui le considèrent un vieil oiseau sage qui, comme un hibou, travail tard, et bat des paupières en reconnaissance tranquille de tout ce qu’il voit. 

Few have contributed as much to public life as Paul-Gérin Lajoie. A lawyer of seemingly unlimited ambition, he has enjoyed four remarkable careers. He was Quebec’s first minister of education during  the 1960s,  head of Canada’s Export Development Corporation in the 1970s, a guiding force behind Montreal’s waterfront park in the Old Port in the 1980s, and in the1990s, started the foundation that bears his name to promote literacy in Haiti and Africa. 

Peu ont contribué autant à la vie publique que Paul Gérin-Lajoie. Un avocat d’une ambition apparemment illimitée, il a eu quatre carrières remarquables. Il fut le premier ministre de l’éducation du Québec pendant les années 60, il dirigea l’Agence canadienne de développement international dans les années 70, il fut un des responsables derrière le projet des berges du St-Laurent dans le Vieux-Port de Montréal dans les années 80, et dans les années 90, il s’est consacré à la fondation qui porte son nom dans le but de promouvoir l’alphabétisation en Haïti et en Afrique. 

Le dernier ministre encore en vie du conseil des ministres de l’administration de Jean Lesage, qui a initié la Révolution tranquille du Québec, M. Gérin-Lajoie est un homme d’une immense habilité intellectuelle. En tant qu’étudiant de 18 ans au Collège Brébeuf, il a écrit un papier, Maîtres chez nous, promouvant la notion d’un statut spécial pour le Québec. En tant que boursier Rhodes dans les années 40, il a étudié et a milité pour un changement constitutionnel au Canada. Témoignant devant la Commission Tremblay en 1956, il a proposé des grandes réformes au système d’éducation archaïque du Québec. Quand les libéraux sous Jean Lesage ont été portés au pouvoir par un vent de changement le 22 juin 1960, il est devenu le premier ministre de l’éducation de la province et a présenté ce qui est depuis devenu la grande charte de l’éducation du Québec. Ses changements ont amélioré le programme d’études, exigé aux élèves de rester à l’école jusqu’à ce qu’ils aient au moins 16 ans, et a établi un système de CEGEP à travers la province. 

« Sa contribution était de réformer le Québec sans jeter ses valeurs, » un de ses biographes, Mario Cardinal, écrit dans « L’Homme qui veut changer le monde ». « Il n’a pas provoqué une révolution idéologique, des réformes plutôt institutionnelles et administratives, globales dans le sens qu’elles ont touché tous les aspects d’activité de gouvernement : la santé, l’agriculture, le transport, l’administration publique, et en même temps, la culture. » 

Paul Gérin-Lajoie vient d’une famille particulièrement distinguée du Québec (sa grand-mère, Marie, était une Lacoste, et une pionnière des droits des femmes) et en 1944 il s’est marié à une autre (son épouse, Andrée, est une Papineau). La carrière de M. Gérin-Lajoie a été stimulée par son grand-père, Antoine, un poète, un journaliste et le bibliothécaire du Parlement canadien qui a écrit les paroles pour « Un Canadien errant ». À Brébeuf, un de ses camarades de classe était Pierre Trudeau. Il a étudié le droit à l’Université de Montréal, fut un boursier Rhodes, et à McGill, il a été influencé par le professeur de droit Frank R. Scott, un intellectuel socio-démocrate de gauche qui fut l’un des fondateurs du Parti social démocratique du Canada ( aussi connu sous le nom de Fédération du commonwealth coopératif).

« Chaque jeune intellectuel au Québec était alors un socialiste, » il a dit. « Scott et moi avions des opinions qui étaient infiniment similaires. » 

M. Gérin-Lajoie était quelqu’un d’influence même avant qu’il ait fait son entré en politique. En 1948, il a proposé des amendements à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique visant à assurer la place du Québec dans la confédération et a publié sa thèse en 1950. Il n’était pas, cependant, le genre de politicien qui sentait le besoin de charmer le grand public, et a subi deux défaites en tant que candidat libéral dans Vaudreuil-Soulanges. Il a alors perdu une course à la chefferie du parti à Jean Lesage. 

Quand Gérin-Lajoie fut enfin élu en 1960, et les libéraux ont pris le pouvoir, « je suis rentré au conseil des ministres avec mes rêves, René Lévesque est rentré avec ses rêves. » Mais Lesage « n’avait aucune idée où on avait besoin de moi, et voulait initialement que je sois le procureur général. Puis, il m’a demandé d’être ministre de la jeunesse, que selon moi, était seulement la moitié d’un ministère, alors je l’ai convaincu de me donner le ministère de l’éducation aussi. » 

After the government was defeated in 1966, Gérin-Lajoie served as chairman of the Liberal Federations committee on the constitution and proposed Quebec adopt a republican form of government, within Canada, under a broad special status agreement that would reduce federal powers. But when Pierre Trudeau became Prime Minister in 1968, Mr. Lajoie was not prepared to run for a seat in the House of Commons.  

Après que le gouvernement ait été défait en 1966, Gérin-Lajoie fut Président du comité libéral de fédérations sur la constitution et a proposé que le Québec adopte une forme de gouvernement républicain, à l’intérieur du Canada, avec un large accord pour un statut spécial qui réduirait les pouvoirs du fédéral. Mais quand Pierre Trudeau est devenu premier ministre en 1968, M. Gérin-Lajoie n’était pas prêt d’être candidat pour un siège à la Chambre des communes. 

« Mon intérêt continu fut la politique provinciale, et la place du Québec dans la confédération. J’ai vu la question fondamentale du point de vue du Québec, et je n’ai pas voulu compromettre cette vision en allant en politique fédérale. L’issue constitutionnelle, d’ailleurs, n’est pas réglée. La discussion n’est pas terminée. Je ne prévoirai pas quand elle sera rouverte, mais elle restera avec nous pendant encore quelque temps. » 

M. Gérin-Lajoie fut nommé à dirigé l’Agence canadienne de développement international en 1970, un poste qu’il a gardé pendant six ans. À un moment où la plupart des pays développées coupaient leur aide à l’étranger, M. Gérin-Lajoie a sensiblement augmenté les contributions du Canada. En 1981, il est devenu président-directeur général de la Société du Vieux-Port de Montréal, un poste qu’il a occupé  jusqu’à l’élection du gouvernement Progressiste-Conservateur en 1984. 

En 1998, il créa la fondation qui porte son nom dans le but de promouvoir l’alphabétisation en Haïti et en Afrique. Il s’y consacre à plein temps. 

« Si je devais faire un choix, je suis le plus fier de mes réalisations en tant que ministre dans le gouvernement de Lesage. J’ai parlé avec passion au sujet de la réforme de l’enseignement, et l’ai réalisée, ça fait partie de ma vie, de mon legs. Mais ma fondation est une prolongation de ce travail, » il dit. « Ce que j’ai fait pour l’éducation au Québec, la fondation le réalise maintenant autour du monde. » 

En reconnaissance de ses contributions, il s’est vu décerner le prix de la Paix attribué par le Mouvement canadien pour une fédération mondiale,  et est un Compagnon de l’Ordre du Canada, ainsi qu’un Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. L’année dernière, en raison de sa philanthropie dans le tiers monde, il a été proposé en tant que candidat pour le Prix Nobel. 

 

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