La vision israélienne

Par Alain-Michel Ayache le 21 août 2008

Il fallait s’y attendre, la décision du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, de démissionner, sonne le glas d’une courte ère aux conséquences néfastes pour l’image de marque d’Israël.

En effet, depuis la « Seconde guerre du Liban » en juillet 2006 contre le Hezbollah et la victoire politique de ce dernier, Ehud Olmert s’est retrouvé dans le collimateur  de la droite israélienne qui lui reproche non seulement d’avoir mal géré une guerre, mais d’avoir également et surtout affaibli l’image dissuasive d’un Israël fort dans un océan islamiste hostile à l’État hébreu. Cela est devenu plus grave encore suite au dernier échange de prisonniers avec le Hezbollah grâce à la médiation allemande.  Un échange qui crédite plus « la victoire du Hezbollah » dans la rue arabe, mais qui en contrepartie revêt pour les Israéliens un visage humanitaire pour apporter une fin à la souffrance des parents des deux soldats israéliens enlevés par les miliciens du Hezbollah en 2006. Or, bien que l’ensemble de la classe politique israélienne se félicite du retour des corps des soldats, il n’en demeure pas moins que le charisme d’Olmert et son savoir-faire sont pointés du doigt par le Likoud. À cela s’ajoute la série de scandales qui touchent personnellement le Premier ministre israélien. Tout cela ne pouvait que se terminer logiquement par la démission d’Ehud Olmert. Ce qui est chose faite.

Ainsi, trois scénarios s’offrent actuellement aux Israéliens et qui auront certainement un impact considérable sur l’ensemble de la région du Proche et Moyen-Orient et sur l’avenir des pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens.

 

1—Arrivée du Likoud au gouvernement

Un succès de Netanyahu donnera sans doute plus d’ailes à Tsahal et une remontée du moral des troupes car nul n’ignore le langage fort et direct du chef du Likoud qui oppose toute concession aux groupes « terroristes » ou aux ennemis d’Israël. Cela se traduira notamment par une éventuelle attaque préventive contre les installations nucléaires iraniennes, si Téhéran persiste dans son programme nucléaire et ignore les demandes de l’Occident. Advenant une telle attaque, le résultat sera la montée encore plus grave des prix du pétrole et une crise économique sans précédent qui touchera l’Occident en entier sans parler des conséquences militaires des éventuelles représailles de parts et d’autres.

2—Arrivée des Travaillistes

     au gouvernement

Une telle possibilité rappellera sans aucun doute les déboires d’une politique israélienne « barakienne » qui n’a aboutit depuis 2000 qu’à ternir l’image de marque de l’État hébreu et dont le retrait anticipé du Liban en mai 2000 – voulu par Barak pour des raisons purement de politique-politicienne israélienne – ne fera que donner plus d’incitatifs au Hamas et au Hezbollah de s’attaquer encore plus au processus de paix et aux Israéliens quitte à les pousser vers plus de concessions en vue d’une victoire finale contre eux.

 

3—Kadima qui réussit à garder

     le gouvernement

Dans le cas de succès de Kadima, la tâche du remplaçant d’Olmert serait celle de regagner la confiance de la majorité de l’opinion publique israélienne tout en solidifiant de nouveau l’image de marque d’Israël. Bien entendu, le processus de paix avec les Palestiniens devrait trouver de nouveaux incitatifs et l’avenir des colonies dans la Cisjordanie clairement précisé pour éviter tout blocage de ce processus. Ce qui ne sera sans doute pas facile à faire dans un contexte aussi fragile dans lequel passe l’ensemble de la région.

 

L’avenir d’Israël en jeu

Ainsi définis, ces trois scénarios ne permettent tout de même pas de savoir si l’État hébreu réussira à relever le défi de résister à l’agresseur tout en cherchant en même temps à aboutir avec les pays arabes à une paix durable à travers notamment la création d’un État palestinien voisin, mais surtout avec une entente avec la Syrie. Dans ce dernier cas de nombreuses questions sont posées dont celles ayant trait à la position de Damas vis-à-vis du Hezbollah et de l’Iran, maintenant que le Hezbollah semble aux commandes du Liban.

Quoi qu’il en soit, les mois à venir sont cruciaux aussi bien pour Israël, que pour la Syrie, l’Iran et le Liban. Une quelconque fausse décision politique pourrait enflammer la région et affecter les économies des plus grands… L’Occident ne sortira point nécessairement le grand gagnant et l’instabilité interne pourra le gangrener de l’intérieur dû au terrorisme latent...

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