Québec and Israel. Contre la doctrine du mépris.

Par Beryl Wajsman le 15 mai 2008

Yesterday, the 14th of May, was the 60th anniversary of the independence of the State of Israel. Last week, some 15,000 Montrealers marched downtown to celebrate that event on its date on the Jewish calendar. They were not all Jews. They were from many different religious, creeds and races. What brought them together was a fidelity to the struggle of a small, lone democracy surrounded by a sea of tyranny to remain free. The frontline nation in the family of free nations facing an existential threat from Islamist fundamentalism as dangerous as any other ism western civilization has faced in the past one hundred years. This event should have a special resonation for all Quebecers. Because the best of our institutional memory makes us understand the price of liberty better than many.

Notre mémoire et notre vécu ont fait de nous la société la plus progressiste et la plus humaniste du continent. Et peut-être pour ca, les liens entre les peuples juif et québécois, entre Israël et le Québec, restent toujours durables et profonds.

C’est ici que Louis-Joseph Papineau aida aux combats politiques pour une plus grande liberté pour tous, ce qui a permis l’émancipation totale des citoyens juifs dès 1832, huit ans plus tôt qu’en Grande-Bretagne. C’est au Québec que Louis-Hippolyte Lafontaine a réussi de haute lutte à lancer une première expérience de gouvernement responsable. C’est cette culture québécoise qui a inspiré à Sir Wilfrid Laurier sa vision mondialiste et inclusive pour le 20e siècle.

C’est ici que des leaders syndicaux québecois, appuyés par des syndicalistes d’origine italienne et juive, ont créé à travers les années 1930, 1940 et 1950 l’État qui peut se vanter d’avoir, avec l’Italie et Israël, le plus important pourcentage de travailleurs syndiqués de l’Occident. Le Québec est le creuset qui a formé des héros de la trempe de Jean Marchand et Pierre Elliot-Trudeau, ceux-là même qui ont renversé le pouvoir d’une droite revancharde et d’un clergé rétrograde. Le Québec a aussi donné naissance à la « révolution tranquille » de Jean Lesage qui a accordé à tous ses citoyens la pleine expression de leurs aspirations.

La recherche d’une société distincte aurait pu sombrer dans l’esprit de clocher, mais nos penseurs ont plutôt cherché à construire leur modèle dans ce que l’expérience humaine avait de mieux à offrir. À preuve, le document-phare de Marcel Chaput, Guide des Patriotes, qui utilise plusieurs institutions israéliennes pour refléter la réalité du Québec. Et même aujourd’hui, les modèles québécois et israélien d’intervention de l’État pour la justice sociale et pour une égalité dans la distribution des richesses sont parmi les plus inclusifs et compatissants au monde. Le Québec a aussi emprunté la voix de René Lévesque pour exprimer vigoureusement son identité dans le respect absolu des principes démocratiques et du pluralisme.

La liberté est fragile et elle requiert une constante vigilance. Une vigilance qui, dans un monde de communications et de destruction instantanées, doit nous inciter à serrer les rangs autour de ceux qui, dans le monde entier, repoussent le crépuscule de la terreur. Les nations libres sont des îlots épars dans une turbulente mer de tyrannie et le combat de l’une d’elles est le combat de toutes. Elle est un défi constant à notre force de caractère et au courage de nos convictions.

Le peuple d’Israël a acquis ces mêmes valeurs mais de façon beaucoup plus douloureuse. Son expérience peut servir de guide au peuple du Québec. Nous sommes tous deux minoritaires. Nous combattons tous deux pour la justice sociale. Nous avons tous deux souffert les humiliations du dénigrement et de la discorde. Nos deux peuples ne sont ni meilleurs, ni choisis, ni détenteurs privilégiés de la vérité. Nous sommes simplement moins nombreux, différents et tenaces. Nous ne réclamons qu’un droit inhérent à tout peuple libre, celui d’être nous-mêmes.

Nous ne pouvons toutefois prendre ce droit pour acquis. Nous ne pouvons présumer de la bienveillance des peuples qui nous entourent. La liberté est toujours une denrée rare et le monde doit constamment se mesurer à l’aune du précepte offert par Thomas Jefferson selon lequel « le succès d’une société juste se mesure par le respect et la retenue dont fait preuve la majorité face à ses minorités. »

Les Québécois ont toujours défendu ces valeurs. Au cours du siècle dernier, notre peuple a sacrifié à la défense de la liberté un plus grand nombre de ses fils et filles– toutes proportions gardées–que les États-Unis eux-mêmes. Même lorsque nous ne pouvions offrir plus que notre sang, notre sueur et nos larmes, nous avons toujours défendu les valeurs de la civilisation occidentale parce que nous voulions être des hommes et des femmes libres. Nous savions, en notre âme et conscience, que cet idéal méritait les plus grands sacrifices. Nous savions aussi que « … ça pourrait nous arriver… » et que la lutte pour la justice sociale ne s’arrête pas à nos frontières. Nous avons honoré et célébré tous ceux et celles qui ont lutté à nos côtés pour le maintien de nos valeurs démocratiques et de notre liberté. Nous avons protégé la flamme lorsque la grande noirceur de la terreur nous menaçait.

Aujourd’hui, un autre Mal a déferlé sur le monde. Le professeur Daniel Pipes le décrit ainsi : « … le militantisme islamique est le seul mouvement totalitaire de toute première importance… » Des extrémistes tentent de remplacer la liberté d’expression par l’intimidation et la coopération par la confrontation. Ils prônent la dénonciation au détriment de la délibération et la destruction plutôt que la discussion. C’est un virus que nous connaissions déjà mais qui, aujourd’hui, s’est répandu partout dans le monde. C’est une semence qui ne peut croître dans notre terroir culturel.

Le monde occidental est confronté depuis deux générations aux mythes imposés par le relativisme moral. Cette caricature d’égalitarisme a maintes fois été jugée trompeuse et ridicule. Elle a produit des intellectuels lâches, dénués de sens moral et de conscience, qui se vautrent dans un monde de débauche intellectuelle cautionnée par une structure qui ne demande de rendre aucun compte. Il est temps de sonner le réveil.

Quand des États démocratiques comme Israël sont attaqués et pénalisés par une objectivité factice fondée sur le concept du « deux poids, deux mesures », nous devons réaliser que ces attaques ne sont pas lancées pour redresser des torts mais pour détruire des réussites. Les attaques contre Israël ne sont pas uniquement motivées par le conflit avec les Palestiniens. Elles sont une agression plus vaste contre l’occident libéral, lancée par des Musulmans extrémistes qui s’appuient sur le relativisme moral de leurs amis universitaires, des médias et des régimes dictatoriaux qui asservissent les tribunes mondiales objectives telles que les Nations-Unies, et ne peuvent accepter la discussion libre ni se soumettre aux règles de délibération propres au monde libre.

Le XX℮ siècle nous a appris que l’absence de réaction et, pire encore, les tentatives d’apaisement face à la barbarie du terrorisme entraînent inévitablement un maelström meurtrier jusque-là inimaginable.a ouvert la voie à Auschwitz.

Les Québécois ont toujours considéré le courage comme la plus grande vertu et nous avons toujours condamné l’hypocrisie déguisée en civilité comme le dernier refuge des scélérats. La véritable nature de nos mœurs politiques et éthiques exige que nous nous rangions dans les rangs du petit nombre auquel le grand nombre vouera éventuellement sa reconnaissance. Notre tradition nous commande d’appuyer la seule démocratie qui soit dans cette partie du monde – depuis l’océan Indien jusqu’à l’Atlantique – qui ne connaît pas la liberté. Notre orgueil et notre détermination ne peuvent pas plus être compromis par les barils de pétrole qu’ils ne le furent par des montagnes de munitions. Nous devons comprendre qu’Israël est l’avant-poste de la grande famille des nations démocratiques occidentales au Moyen-Orient et que l’issue de sa lutte au terrorisme nous concerne tous.

If the Jewish people are the canary in the mineshaft of civilized history, Israel is the litmus test of the ability of western civilization to survive. It may very well be that as Israel goes so goes the west.

It is folly to think that if only we are accommodating today’s enemies of freedom will leave us alone. The evidence of that is long and bloody. London, Madrid, Beslan, Bali, the list goes on and on. To the Jihadists Israel is the “little satan” and America is the “big satan”, and all the other liberal pluralist western nations are vary sizes of “satans” in between.

Those who insist on denigrating the Israeli experience by comparing its policies to apartheid, and worse, commit monstrous blasphemies. And here is another lesson for us to learn about why Israel matters.

The distortions of history which have been visited upon Israel are now being visited on the west. Moral relativism and historical revisionism poison young minds. They destroy the moral compass of our civilization and make us fear to tell right from wrong. It is a sad and cowardly spectacle.

Israel's emergence is the greatest collective event in the post-war history of free peoples’ struggles against tyranny. The greatest pride and dignity in our policy in the world will be found in giving aid and sustenance to a sister democracy in the time of her greatest resurgence and greatest challenge.

Nous devons envoyer un message de vérité aux dictateurs et despotes qui nous menacent, leur faire savoir que nous serons toujours vigilants ; leur dire que nous nous opposerons avec véhémence et vouerons une haine acharnée à ce que Jean-Paul Sartre appelait « la doctrine du mépris »

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